Découvrez dans cette entrevue exclusive de Bilengeonline, l’opinion d’une citoyenne congolaise qui fait la fierté de son pays au travers du métier qu’elle exerce. Passionnée par tout ce qui est artistique en général, c’est une maquilleuse professionnelle à la hauteur des attentes de son public.

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Elle a participé à de nombreux événements dont la Black Fashion Week de Montréal en 2014 comme Make-Up Head. Cette charmante personne répond au nom de Nelz Michelle.

BOL : Bonjour Nelz! Merci d’Avoir accepté de répondre à nos questions. Peux-tu brièvement nous en dire plus sur toi?

Nelz : Bonjour et merci à vous de m’avoir sollicitée ! En bref, je suis de nationalité congolaise mais ayant grandi en France. Présentement, je suis établie au Canada. J’ai 27 ans et je suis maman d’un merveilleux garçon de 4 ans. Ma profession est celle de « Make-Up artist » et en plus de cela, j’ai également un intérêt prononcé pour tout ce qui se rapproche au business.

BOL : Qu’Est-ce qui t’as poussé à devenir make-up artist?

Nelz : Bien que je fusse assez garçon manqué quand j’étais plus jeune, j’ai toujours montré de l’intérêt pour le secteur des cosmétiques. J’avais beau être en jean ou jogging/basket, je me trimballais toujours avec mes gloss à billes! Et pendant cette période-là, j’ai développé un œil pour l’esthétique : je regardais avec précision la manière dont étaient maquillées les actrices à la télé ou sur les panneaux publicitaires.

J’essayais de décortiquer les couleurs, l’éclairage et les techniques que l’artiste aurait utilisées. Je n’ai pas tout de suite commencé à pratiquer sur les autres mais j’étais extrêmement observatrice et quelque chose me disait que je ferais carrière dans les cosmétiques.

Avec la maturité j’ai pris connaissances des aspects plus « techniques » du métier de maquilleur comme par exemple la théorie des couleurs (qui s’avère être une science), la morphologie du visage, et tout le business qu’il y a derrière l’industrie des cosmétiques (qui génère des millions de dollars). C’est seulement après beaucoup de pratiques, d’erreur et de péripéties que j’ai décidée de me lancer.

 Malgré les longues heures debout durant les défilés de mode et le temps passé à stériliser le maquillage, j’adorais le regard que mes clientes avaient lorsqu’elles se regardaient dans le miroir après une de mes séances beauté. Je n’avais jamais ressentis ce sentiment de satisfaction dans un autre métier et c’est exactement cela qui m’a donné le déclic!

BOL : Et quelle est donc selon toi, la meilleure manière d’Apprendre à maquiller?

Nelz : Se maquiller sois même ou maquiller les autres? Dans les deux cas, c’est la pratique! Quand on se maquille, on est déjà habitué à notre morphologie et notre couleur de peau. Maquiller les autres évidemment, c’est plus de challenge car on doit utiliser certaines techniques selon la morphologie, le type de peau etc… On ne peut pas reproduire sur les autres ce que l’on fait sur nous. Donc il faut s’entrainer au maximum.

Maintenant, si tu envisages de monter à un niveau professionnel, il serait bon de regarder les artistes qui ont plus d’expériences, assister à des workshops et surtout lire des livres! Les maquilleurs ont leur classique! Mais je dirais qu’il faut absolument rester dans la pratique. C’est courant de voir des maquilleurs avec des années d’expériences chercher à perfectionner de nouvelles techniques ou utiliser de nouveaux produits.

BOL : Quel est pour toi l’aspect le plus difficile de ce métier ?

Nelz : Comme dans tous les métiers, il y a plusieurs aspects qui sont difficiles : par exemple, on peut être appelé à travailler durant des heures peu conventionnelles, les weekends, dans certains cas, des journées entières debout sous la chaleur, à porter notre matériel qui est lourd. Les réseaux sociaux veulent nous faire croire que ce métier est juste glamour alors que sa demande beaucoup de sacrifices. Il faut vraiment aimer !

On passe un temps fou à organiser et désinfecter le matériel, on doit travailler rapidement… Mais pour moi, le plus difficile est le fait que malgré toutes ses difficultés, on ne prenne pas ce métier là au sérieux.

Je m’explique à titre illustratif : une personne peut être vraiment intéressée par tes services, mais une fois que c’est le moment de passer à la caisse, on se fait souvent dire que c’est trop cher pour du maquillage, ou encore que c’est juste pour peindre sur un visage et qu’on va avoir de la visibilité. Certaines personnes ne voient aucune valeur dans le service qu’on donne et ne comprennent pas l’organisation que sa demande pour pouvoir fournir un bon service. Le fait de toujours devoir se fatiguer peut être fatiguant. Mais bon, on s’y fait. Cela fait partie des inconvénients de ce métier!

BOL : Comment justifies tu cela?

Nelz : Pour être franche je ne sais pas trop. Peut-être que le développement des réseaux sociaux a permis la multiplication et le partage de l’information voire désinformation et donc on a plus de personnes qui se lancent dans le maquillage. Tu peux te lever un matin et te dire que parce que tu as regardé un tutoriel sur YouTube, tu peux devenir pro.

Ce n’est pas mauvais en soi que l’information circule, mais il y a du bon et du mauvais contenu. Il faut savoir faire la différence. C’est comme si je cherche la recette d’un plat et si je le réussi bien, je vais lancer une entreprise de traiteur. Quand l’information est trop disponible, on ne lui donne plus de valeur.

BOL : Mais alors comment de démarques tu de la masse? Qu’Est-ce qui te différencie des autres?

Nelz : J’adore chouchouter mes clientes et les faire sentir qu’elles sont uniques. Beaucoup de mes clientes qui ne se maquillaient jamais sont revenues me voir car je les ai aidées à s’affirmer à travers le maquillage et les cosmétiques sans nécessairement les faire ressembler à des pots de peintures comme diraient certains (lol).

Je leur crée un  «look signature» et je leur montre la technique et les produits à utiliser ou éviter. Certaines me disent qu’elles sont contentes car je ne les ai pas clonées avec les filles qu’on voit partout sur les réseaux sociaux, qu’elles ont appris à se maquiller en 7 minutes chrono et qu’elles ont plus confiance en elles, maquillée ou démaquillée car je leur conseille aussi sur les routines de soins. En fait, c’est ma touche personnelle à moi mais juste pour chacune d’elle!

BOL : Quels sont les make-up artist qui t’inspirent le plus?

Nelz : pas facile de répondre à cette question car il y en a tellement! Je dirai Pat Mc Grath pour l’originalité sur les podiums. C’est une légende vivante! Sam Fine car selon moi, il a vraiment innové certaines techniques pour les peaux noires. Ensuite, Kevin James Benneth, Eve Pearl ou encore Donna Mee. Ils ont une connaissance incroyable à tous les niveaux : comment marqueter ce business, la composition des produits, etc. Ils ont en général plus de 20 ans d’expérience dans cette industrie. Ce sont des livres ouverts!

BOL : Et es-tu spécialisée dans un style de peau en particulier?

Nelz : Non! La plupart de ma clientèle se compose de femme noire. Mais je suis capable de m’adapter à tout type de peau et d’âge.

D’ailleurs, cela me fait toujours rire quand on me demande si je suis capable de maquiller une caucasienne et si j’ai le matériel nécessaire pour. Si ce n’était pas le cas, je ne m’aventurerais pas à facturer mes services!

BOL : Et quels sont tes produits préférés? Es-tu affiliée à une marque?

Nelz : Je distribue les produits de la marque « Motives Cosmétiques » et je fais des fonds de teint sur mesure. Toutefois, il y a d’autres marques que j’aime beaucoup, je dirais que mon kit est assez versatile, je cherche avant tout ce qu’il y a de mieux pour le client.

BOL : Quels sont tes projets pour l’avenir?

Nelz : Développer ma propre gamme de produits! Je ne peux pas en dire plus pour l’instant. Cela prendra le temps qu’il faudra mais ça viendra. Aussi je planifie certaines activités au Congo. Une fois de plus, je ne peux pas en dire plus!

BOL : Ton mot de la fin?

Nelz : merci encore une fois de m’avoir sollicitée pour cette entrevue.  Pour finir, j’encourage quiconque à poursuivre ses rêves ! Ma philosophie est telle que le talent ou l’art d’une personne pourrait être une bénédiction pour quelqu’un d’autre et ce dans n’importe quel domaine (la mode, la finance, la cuisine, le droit,…). Pourquoi priver les autres de nos compétences? Préparez un plan d’action et foncez!

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Myriam KUDIA

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